Mettre des mots sur ce que je fais sur l’instant m’est presque impossible.
Non pas parce que je ne sais pas ce que je fais,
mais parce que verbaliser pendant que j’observe me ferait perdre l’essentiel :
le chien.
Quand je suis avec un chien craintif, réactif ou en difficulté,
je ne suis pas dans le discours.
Je suis dans la lecture fine, l’ajustement permanent, l’anticipation.
Si je commence à mettre des phrases sur ce que je vois et ressens à la seconde,
je perds en concentration… et donc en justesse.
Je comprends les lois de l’apprentissage.
Je sais lire un chien.
Je sais quel protocole mettre en place pour aider un chien en difficulté.
Mais tout cela est intégré, incarné, presque silencieux.
Ce que je fais relève moins de l’explication immédiate
que d’une compétence acquise avec le temps, l’expérience, l’observation.
Les mots viennent après, jamais pendant.
Parce qu’avec un chien,
penser trop fort peut parfois empêcher de voir juste.